Comment choisir un ou une thérapeute

La thérapie fonctionne mieux quand elle vous correspond. Voici ce qu’il faut rechercher, ce qu’il faut demander et par où commencer.

Demander du soutien est une force, pas un échec. La thérapie est une façon bien étudiée d’obtenir de l’aide face à un large éventail de difficultés, et avoir à vos côtés une personne formée et bienveillante peut rendre les moments difficiles plus faciles à traverser. Vous n’avez pas à attendre que les choses aillent « assez mal », ni à tout comprendre par vous-même.

Trouver le bon ou la bonne thérapeute est important, car chaque thérapeute a une formation, des méthodes et un style différents. Ce guide explique ce qu’il faut rechercher et ce qu’il faut demander, pour que vous puissiez faire le premier pas en confiance.

Ce qu’il faut rechercher

Titres et autorisation d’exercer

Les règles varient selon les pays : dans beaucoup d’endroits, les titres de psychologue et de psychothérapeute sont protégés par la loi ou encadrés par un ordre ou un registre professionnel. Les psychiatres sont des médecins qui peuvent prescrire des médicaments. Les travailleurs sociaux et les conseillers peuvent aussi proposer un accompagnement, avec des titres et des formations qui diffèrent d’un pays à l’autre. Un diplôme seul ne vaut pas une autorisation d’exercer : vérifiez donc le titre de la personne auprès de l’organisme qui le délivre ou qui tient le registre professionnel dans votre pays. Les titres et les exigences varient selon les pays et parfois selon les régions.

Approche (méthode)

Différentes approches sont utilisées selon les difficultés. Par exemple, la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) est bien étudiée pour l’anxiété et la dépression. La thérapie comportementale dialectique (TCD) a été conçue pour les personnes présentant un trouble de la personnalité borderline et des comportements suicidaires ou d’automutilation, et c’est là que ses données scientifiques sont les plus solides. Les thérapies centrées sur le trauma, comme la thérapie de traitement cognitif (CPT) et l’exposition prolongée, sont des traitements de première intention recommandés pour le trouble de stress post-traumatique (TSPT) dans les recommandations de l’American Psychological Association, et l’EMDR est une autre option incluse dans certaines recommandations, dont celles du VA/DoD (départements américains des Anciens Combattants et de la Défense).

Lien et confiance

Dans près de 300 études, une alliance thérapeutique plus solide (se sentir compris, respecté et capable de fixer des objectifs ensemble) est allée de pair avec de meilleurs résultats, dans de nombreux types de thérapie. Cela montre un lien constant, et non la preuve que la relation seule provoque l’amélioration.

Coût et organisation

Demandez combien coûtent les séances, s’il existe un tarif réduit, à quelle fréquence vous vous rencontreriez, et si vous préférez des séances en personne ou à distance. Renseignez-vous aussi sur la prise en charge dans votre pays (assurance maladie, mutuelle).

Pour en savoir plus sur des approches précises, consultez notre Guide des types de thérapie courants.

Quand la situation est grave, cherchez une expérience spécialisée

Toutes les difficultés n’appellent pas le même type de thérapeute. Le traitement est souvent adapté au trouble : par exemple, le trouble obsessionnel-compulsif (TOC) et le trouble bipolaire appellent des approches différentes. Pour des difficultés plus graves ou plus complexes, comme le trauma et le TSPT, le trouble bipolaire, la psychose, un TOC sévère, un trouble des conduites alimentaires, l’automutilation ou les pensées suicidaires, ou un trouble lié à l’usage de substances, il peut être utile de chercher un ou une thérapeute ayant une formation et une expérience spécifiques dans la prise en charge de ce trouble.

  • Posez directement la question : « Quelle expérience avez-vous dans l’accompagnement de personnes confrontées à des difficultés comme les miennes ? » Le National Institute of Mental Health (NIMH), aux États-Unis, suggère cette question.
  • Demandez quelle approche serait utilisée et sur quelles données scientifiques elle repose. Pour le TSPT, par exemple, les traitements centrés sur le trauma, comme la CPT et l’exposition prolongée, sont recommandés dans les lignes directrices : il est donc raisonnable de demander si votre thérapeute a été formé à ces traitements.
  • Demandez si la personne a reçu une formation formelle à ce traitement et si elle bénéficie d’une supervision ou d’un avis professionnel continu, et pas seulement combien d’années elle a exercé.
  • Demandez si un traitement médicamenteux pourrait aider. Les psychiatres et certains autres professionnels de santé peuvent le prescrire, et beaucoup de personnes tirent un bénéfice à la fois de la thérapie et des médicaments.
  • Si vous êtes en crise, n’attendez pas d’avoir trouvé la personne idéale : appelez le 3114 (France), le 988 (Canada, ou le 1 866 APPELLE au Québec), le 0800 32 123 (Belgique) ou le 143 (Suisse), ou composez votre numéro d’urgence local. Vous pouvez aussi vous rendre au service des urgences le plus proche.

« Expérimenté » devrait signifier une expérience de votre difficulté précise, et pas seulement une longue carrière. Les recherches suggèrent que le lien entre les années de pratique et les résultats des personnes suivies est faible et irrégulier, et une étude de réplication de 2022 n’a globalement trouvé aucun lien entre l’expérience du ou de la thérapeute et les résultats (Germer et al., 2022). Une formation spécifique au bon traitement, associée à des retours et à une supervision réguliers, est un meilleur signe que les années d’exercice seules.

Quand un ou une thérapeute en début de carrière peut très bien convenir

De nombreuses difficultés sont courantes, liées à une situation précise, et bien adaptées à un ou une thérapeute en début de carrière, à une personne en stage ou en formation sous supervision. Par exemple : le stress à l’école ou au travail, l’adaptation à un déménagement ou à un nouvel emploi, un conflit d’amitié ou familial, le deuil après une perte, la confiance en soi, et l’apprentissage de stratégies d’adaptation. Les centres de formation et les professionnels débutants peuvent aussi proposer des tarifs plus bas.

Les recherches sur les personnes en formation sous supervision sont limitées, mais elles constatent en général que les personnes suivies s’améliorent et que les résultats sont souvent comparables à ceux obtenus avec des professionnels qualifiés. La compétence individuelle et la qualité de la supervision comptent. Si vous commencez avec un ou une thérapeute en début de carrière et que vos symptômes s’aggravent ou deviennent plus sérieux, vous avez tout à fait le droit de demander une orientation vers un spécialiste.

Où trouver un ou une thérapeute

  • Votre assurance maladie ou votre mutuelle : leur site ou leur ligne téléphonique peut vous renseigner sur la prise en charge des consultations dans votre pays.
  • Les annuaires en ligne : des sites comme Psychology Today (annuaire américain, qui peut ne pas couvrir votre pays) permettent de filtrer selon la spécialité, l’approche, la prise en charge et des critères d’identité, comme des soins adaptés à votre culture ou respectueux des personnes LGBTQ+. Dans d’autres pays, l’ordre ou l’association professionnelle peut proposer un annuaire.
  • Les annuaires fédéraux (États-Unis) : le site FindTreatment.gov de la SAMHSA (agence américaine de la santé mentale et des addictions) est un annuaire fédéral des services de traitement en santé mentale et de la consommation de substances. Les fiches peuvent être périmées : vérifiez les informations par téléphone. Les anciens combattants peuvent aussi recourir aux services de la VA (ministère américain des Anciens Combattants).
  • Votre médecin : un médecin généraliste ou un centre de santé peut souvent recommander des thérapeutes de confiance près de chez vous.
  • Les options à moindre coût : dans certains pays, des employeurs proposent un programme d’aide aux employés (EAP). Les centres de santé mentale de proximité et les centres de formation universitaires offrent souvent des soins à tarif réduit. Renseignez-vous auprès des services de santé de votre pays.

Questions à poser lors d’une première séance

Poser des questions est tout à fait normal. Un bon ou une bonne thérapeute les accueillera volontiers. Vous pourriez demander :

  • Quel est votre titre professionnel, et où votre exercice est-il enregistré ?
  • Quelle approche ou méthode utilisez-vous, et pourquoi pensez-vous qu’elle convient à ma situation ?
  • Quelle expérience avez-vous dans l’accompagnement de personnes confrontées à des difficultés comme les miennes ?
  • À quoi ressembleront les séances, et à quelle fréquence nous verrons-nous ?
  • Comment saurons-nous si la thérapie m’aide ?
  • Quels sont vos tarifs et votre politique d’annulation, et mes séances peuvent-elles être remboursées ou prises en charge ?
  • Comment gérez-vous la confidentialité, et quelles en sont les limites ?

Vous pouvez aussi demander une approche dont vous avez entendu parler, comme la TCC, l’EMDR ou la thérapie somatique. Un bon ou une bonne thérapeute vous dira honnêtement si elle convient à vos besoins, ou vous orientera vers quelqu’un qui la propose.

Il est tout à fait acceptable de changer de thérapeute

Il se peut que vous ne trouviez pas la bonne personne du premier coup, et c’est normal. La thérapie demande du temps, mais après un délai raisonnable, vous devriez pouvoir sentir si l’on vous écoute vraiment et si vous avancez vers vos objectifs. Si vous ne percevez pas de progrès, vous avez le droit de changer de thérapeute. Changer n’est ni un échec ni un manque de politesse. Cela fait partie de la recherche du bon soutien.

Un bon premier pas consiste à dire à votre thérapeute ce qui ne fonctionne pas. Le NIMH conseille d’en parler avec votre thérapeute si vous suivez une thérapie depuis un temps raisonnable sans amélioration, puis d’envisager d’autres professionnels ou d’autres approches. Un bon ou une bonne thérapeute accueillera cette conversation. Si elle n’aide pas, ou si vous ne vous sentez pas en sécurité pour l’avoir, vous pouvez vous tourner vers un autre professionnel.

Comment demander un transfert de suivi

Un « transfert de suivi » consiste à passer à un nouveau professionnel avec le moins de rupture possible, afin de ne pas repartir de zéro. Vous pouvez le demander :

  • Dites à votre thérapeute que vous souhaitez changer de professionnel, et demandez des recommandations de professionnels. Les codes de déontologie, comme celui de l’American Psychological Association (APA) pour les psychologues, attendent des thérapeutes une aide à l’orientation et une fin de suivi préparée, plutôt qu’un simple abandon.
  • Demandez une séance de clôture pour faire le point sur ce qui a aidé, ce qui n’a pas aidé, et ce que vous aimeriez que votre prochain ou prochaine thérapeute sache.
  • Demandez à votre thérapeute d’envoyer un résumé du traitement à votre nouveau professionnel, avec votre diagnostic (le cas échéant), le plan de traitement, ce qui a été essayé et vos progrès. Vous devrez généralement signer d’abord une autorisation écrite.
  • Aux États-Unis, la loi HIPAA vous donne aussi le droit d’obtenir une copie de votre dossier de santé et de demander qu’il soit envoyé à un autre professionnel. Les notes privées de séance du ou de la thérapeute (appelées notes de psychothérapie) sont traitées différemment et ne sont pas couvertes par ce droit, mais un résumé de votre traitement l’est. Les lois des États peuvent ajouter d’autres règles. Ailleurs, les règles diffèrent : par exemple, dans l’Union européenne, le RGPD donne un droit d’accès à ses données personnelles, y compris de santé. Renseignez-vous sur les règles de votre pays.
  • Si vous prenez un traitement médicamenteux, informez la personne qui vous le prescrit du changement et maintenez vos rendez-vous de suivi médicamenteux.
  • Essayez de ne pas laisser de vide. Gardez vos rendez-vous jusqu’à ce que le suivi avec votre nouveau ou nouvelle thérapeute soit confirmé, si vous le pouvez.

Si vous êtes en crise à un moment quelconque pendant une transition, demandez de l’aide : appelez le 3114 (France), le 988 (Canada, ou le 1 866 APPELLE au Québec), le 0800 32 123 (Belgique) ou le 143 (Suisse), ou composez votre numéro d’urgence local. Vous pouvez aussi vous rendre au service des urgences le plus proche. Vous n’avez pas à attendre votre prochain rendez-vous.

Si vous êtes en crise

Si vous êtes en danger immédiat, appelez votre numéro d’urgence local (15 ou 112 en France, 112 en Belgique, 144 ou 112 en Suisse, 911 au Canada). Pour parler à quelqu’un maintenant, vous pouvez appeler le 3114 en France (24 h/24, gratuit), le 988 au Canada (appel ou texto, 24 h/24, en français ou en anglais) ou, au Québec, le 1 866 APPELLE (1 866 277-3553) ou envoyer un texto au 535353. En Belgique, le Centre de prévention du suicide répond au 0800 32 123. En Suisse, La Main Tendue répond au 143, de jour comme de nuit. Dans un autre pays, consultez findahelpline.com. Les numéros et les horaires peuvent changer : vérifiez sur le site officiel du service.

Si vous envisagez une thérapie, nous vous encourageons à prendre rendez-vous avec un professionnel de santé qualifié. Faire ce premier pas est souvent le plus difficile, et vous méritez du soutien.

Sources

  • NIMH: Help for Mental Illnesses
  • NIMH: Psychotherapies
  • American Psychological Association, Clinical Practice Guideline for the Treatment of Posttraumatic Stress Disorder in Adults (2025 ; version précédente : 2017) ; U.S. Department of Veterans Affairs and Department of Defense, PTSD Clinical Practice Guideline (2023)
  • HHS: Your Medical Records (HIPAA)
  • American Psychological Association, Ethical Principles of Psychologists and Code of Conduct, Standard 10.10 (Terminating Therapy)
  • Flückiger, Del Re, Wampold & Horvath, “The Alliance in Adult Psychotherapy: A Meta-Analytic Synthesis,” Psychotherapy (2018)
  • Germer, S., Weyrich, V., Bräscher, A.-K., Mütze, K., & Witthöft, M. (2022). Does practice really make perfect? A longitudinal analysis of the relationship between therapist experience and therapy outcome. Journal of Counseling Psychology, 69(5), 745–754.
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Within Your Light est une plateforme éducative. Cet article est proposé à des fins éducatives uniquement et ne remplace pas les soins professionnels en santé mentale. Si vous traversez une période difficile, n’hésitez pas à consulter une personne qualifiée en santé mentale (psychologue, psychiatre ou psychothérapeute).