Un regard apaisé sur la façon dont les traditions bouddhistes envisagent la souffrance et le sens, et sur ce que la recherche peut et ne peut pas dire.
Apprendre › Trouver du sens › Le sens dans le bouddhisme
De nombreuses personnes se demandent si le bouddhisme peut les aider à trouver du sens. Le bouddhisme est une religion vivante et un mode de vie pour des centaines de millions de personnes. Nous le décrivons avec respect et ne prétendons pas qu’il puisse traiter ou guérir quoi que ce soit. Nous séparons trois choses : ce qu’enseignent les traditions, ce que montrent les études et ce sur quoi vous pouvez réfléchir. La page aborde aussi les effets indésirables possibles de la méditation et les endroits où trouver de l’aide.
Environ 9 min de lecture
Un mot sur la sécurité. La méditation peut parfois faire remonter des émotions ou des souvenirs difficiles. Elle ne remplace ni une thérapie ni des soins médicaux.
- N’arrêtez pas et ne modifiez aucun médicament ni traitement à cause de la méditation ou d’une croyance. Parlez-en d’abord au médecin ou au thérapeute qui l’a prescrit.
- Si vous avez des antécédents de traumatisme, ou si vous vivez avec une psychose ou une dépression sévère, parlez-en à un professionnel de santé avant de suivre de longues retraites ou une méditation intense. Les recherches sur les personnes les plus à risque sont limitées.
- Si une pratique vous fait vous sentir plus mal, parlez-en à un professionnel de santé. Si vous vous sentez en grande détresse, arrêtez et demandez de l’aide.
Un autre point de départ
Philosophie et culture
Les enseignements bouddhistes ne posent généralement pas la question « Quel est le sens de la vie ? » à la manière occidentale moderne. Leur but central est la libération de la souffrance, souvent appelée éveil ou nirvana. La plupart des traditions enseignent aussi le karma (l’idée que les actes ont des conséquences) et la renaissance (Siderits, 2023). Le « sens » est une grille de lecture moderne que certaines personnes appliquent à ces enseignements.
Les enseignements partent d’un constat simple : la vie comporte de la souffrance. Le mot en pali, langue de l’Inde ancienne, est dukkha. Il peut désigner la douleur, mais aussi un mal-être plus profond lié au changement, au vieillissement, à la maladie et à la mort (Velez, n.d.). Les quatre nobles vérités le résument : la souffrance existe, elle a des causes, elle peut cesser, et il existe un chemin vers cette cessation (Siderits, 2023).
L’impermanence signifie que toutes les choses conditionnées, corps et esprit compris, changent. Le non-soi (anatta en pali) est le plus souvent compris comme l’idée qu’aucun soi permanent et indépendant ne peut être trouvé dans l’ensemble changeant du corps et de l’esprit. Les spécialistes débattent de la manière de l’interpréter, et on ne la comprend généralement pas comme signifiant que les personnes n’ont pas d’importance (Siderits, 2023 ; Velez, n.d.).
Le chemin est souvent décrit comme le noble chemin octuple : sagesse, conduite éthique et entraînement de l’esprit, qui comprend la pleine conscience (une attention soutenue et ouverte au moment présent) (Velez, n.d.). Les bouddhistes qui ne sont ni moines ni moniales suivent couramment cinq règles éthiques, appelées préceptes, comme ne pas nuire aux êtres vivants (Keown, 2020).
Certains auteurs contemporains relient ce chemin à ce que les psychologues appellent le sens. Un article de philosophie de 2024 soutient que la méditation de pleine conscience pourrait être liée au sens, en s’appuyant sur les idées de la philosophe Susan Wolf (Hanner, 2024). Il s’agit d’un argument philosophique, et non d’une étude ni d’un résultat de recherche.
- Le bouddhisme compte plusieurs grandes traditions, comme le Theravāda et le Mahāyāna (une famille qui comprend le zen). De nombreux pratiquants du Theravāda cherchent à devenir un arahant, une personne parvenue à l’éveil complet. De nombreux pratiquants du Mahāyāna prononcent un vœu de bodhisattva, la promesse d’œuvrer à l’éveil de tous les êtres (Goodman & Schultz, 2024).
Remarque : Cette section décrit les enseignements tels que les traditions les présentent. Nous ne jugeons pas s’ils sont vrais, et ils ne conviennent pas forcément à tout le monde. Le karma ou l’acceptation ne doivent jamais servir à vous blâmer ou à blâmer quelqu’un pour une souffrance, ni à balayer une douleur bien réelle. La douleur liée à la maladie, à un traumatisme ou à une perte est réelle et mérite de vrais soins. Si vous n’êtes pas bouddhiste et souhaitez en savoir plus, cherchez des enseignants et des communautés qualifiés, et abordez les pratiques sacrées avec respect.
Ce que dit la psychologie sur le sens
Fondé sur la recherche
En psychologie, le sens de la vie est souvent décrit en trois composantes. La cohérence est le sentiment que la vie a une logique. Le but est le sentiment d’avoir des objectifs et une direction. La signification est le sentiment que votre vie compte (Martela & Steger, 2016).
Une méta-analyse (une étude qui combine les résultats de nombreuses études) portant sur 66 études a constaté que le sens de la vie était associé à une meilleure santé physique. Le lien était faible à modéré, et plus marqué pour la santé évaluée par la personne elle-même que pour les mesures objectives. Un lien ne montre pas que le sens cause une meilleure santé (Czekierda et al., 2017).
Ce que dit la recherche sur les programmes de pleine conscience
Fondé sur la recherche
Les programmes basés sur la pleine conscience, comme la réduction du stress basée sur la pleine conscience (MBSR) et la thérapie cognitive basée sur la pleine conscience (MBCT), sont des programmes de santé laïques adaptés de la méditation. Ils ne sont pas identiques à la pratique bouddhiste. Un spécialiste fait remonter une grande partie de la pleine conscience actuelle aux mouvements de réforme du bouddhisme birman du début du XXe siècle et soutient qu’elle est en désaccord, sous certains aspects, avec l’enseignement Theravāda plus traditionnel (Sharf, 2015).
Une revue de 47 essais portant sur des programmes de méditation a trouvé des preuves de niveau modéré de petites améliorations de l’anxiété, de la dépression et de la douleur, et des preuves de faible niveau d’amélioration du stress et de la qualité de vie. Pour d’autres résultats, comme le sommeil, l’attention et l’humeur positive, les données n’ont montré aucun effet ou étaient insuffisantes. Les programmes ne se sont pas révélés meilleurs que les traitements actifs (Goyal et al., 2014).
Chez les personnes ayant vécu plus d’un épisode de dépression, une étude regroupant les données de 9 essais (1 258 personnes) a testé la thérapie cognitive basée sur la pleine conscience (MBCT) pour prévenir les rechutes. Sur environ 60 semaines, le risque de rechute était plus faible que chez les personnes qui n’en avaient pas bénéficié (rapport de risques instantanés, ou hazard ratio, de 0,69) et plus faible que chez celles ayant reçu d’autres traitements actifs, dont des antidépresseurs (hazard ratio de 0,79). Un hazard ratio inférieur à 1 signifie un risque plus faible (Kuyken et al., 2016). C’est une option à aborder avec un professionnel de santé, et non un substitut aux soins.
La plupart de ces études mesuraient des symptômes ou le bien-être, et non le sens ; elles ne peuvent donc pas montrer si la pleine conscience construit du sens. Des chercheurs ont aussi averti que la recherche sur la pleine conscience a été exagérée et parfois mal conçue (Van Dam et al., 2018).
Remarque : Les effets observés dans les études sont des moyennes. Certaines personnes en tirent un grand bénéfice, d’autres un petit, et d’autres aucun. La recherche ne peut pas promettre un résultat pour vous.
Corps, esprit et communauté
Fondé sur la recherche
L’approche biopsychosociale considère ensemble le corps, l’esprit et les relations. Pour le corps, une revue de 18 essais menés auprès de personnes ayant des problèmes de sommeil a constaté que la méditation de pleine conscience améliorait la qualité du sommeil par rapport à des activités demandant un effort comparable, sans s’être révélée meilleure que les traitements du sommeil établis. Les auteurs qualifient ces résultats de préliminaires (Rusch et al., 2019).
Pour la communauté, une revue a constaté que participer à des offices religieux est associé au bien-être, au sens, au but dans la vie et à des relations proches, bien plus que la pratique privée. Cette recherche n’est pas propre au bouddhisme, et elle ne montre pas pourquoi ce lien existe. Les valeurs partagées, les pratiques et les liens sociaux peuvent tous y jouer un rôle (VanderWeele, 2017). Le Pew Research Center estimait à environ 324 millions le nombre de bouddhistes dans le monde en 2020 (Pew Research Center, 2025).
À garder en tête
Fondé sur la recherche
La méditation peut être difficile. Une revue de 83 études a constaté que 65 % des études rapportaient au moins un effet indésirable. Sur l’ensemble des participants, environ 8 sur 100 en avaient eu un : environ 4 sur 100 dans les études expérimentales et environ 33 sur 100 dans les études observationnelles. L’anxiété, la dépression et des changements de la pensée ou de la perception étaient les plus souvent rapportés, y compris chez des personnes sans problème de santé mentale antérieur (Farias et al., 2020). Des entretiens avec des personnes qui méditent et des enseignants, dans des pays occidentaux, ont recensé 59 expériences liées à la méditation, de très positives à très difficiles. Cette étude montre l’éventail des expériences, et non la fréquence de chacune (Lindahl et al., 2017).
Dans une étude portant sur 96 personnes suivant un programme de huit semaines de thérapie cognitive basée sur la pleine conscience, 83 % ont rapporté au moins un effet lié à la méditation, qu’il soit positif, neutre ou négatif. Environ 58 % ont rapporté un effet ressenti comme négatif, 37 % un effet qui gênait la vie quotidienne, et 6 à 14 % ont rapporté des effets négatifs durables (Britton et al., 2021). Dans une enquête menée aux États-Unis auprès de la population, environ 1 personne sur 3 ayant déjà médité a rapporté un effet indésirable lorsqu’on lui posait la question de façon générale, et environ 1 sur 10 un effet durant un mois ou plus. Les adversités vécues pendant l’enfance étaient associées à un risque plus élevé. Les personnes avec et sans effets indésirables étaient à peu près aussi contentes d’avoir pratiqué (Goldberg et al., 2022).
Le contournement spirituel (spiritual bypassing) consiste à utiliser des idées spirituelles pour éviter des émotions ou des besoins douloureux. L’idée vient d’une petite étude par entretiens (Picciotto et al., 2018). Accepter que les choses changent n’est pas une raison de faire comme si votre douleur n’existait pas, ni de vous passer des soins dont vous avez besoin.
- N’arrêtez pas et ne modifiez pas un traitement à cause de la méditation ou d’une croyance (voir la note de sécurité plus haut).
Remarque : Cette page a une visée éducative uniquement. Elle ne constitue ni une thérapie, ni un diagnostic, ni un avis médical. Le bouddhisme et la pleine conscience ne sont ni un traitement ni un remède pour quelque trouble que ce soit.
Questions pour réfléchir
Réflexion
Vous pouvez sauter n’importe quelle question. Si elles font naître une détresse intense, parlez-en à un professionnel ou une professionnelle, ou à une personne de confiance.
- Quand ai-je le sentiment que ma vie est cohérente, qu’elle a une direction ou qu’elle compte ?
- Quand une chose douloureuse ne peut pas être changée, qu’est-ce qui m’aide à y faire face ?
- Quelles relations ou quelles communautés m’aident à sentir que j’ai ma place ?
- Comment puis-je respecter une tradition qui n’est pas la mienne et en apprendre quelque chose avec soin ?
Pour la suite. Si vous êtes en difficulté, un professionnel de santé mentale qualifié ou un médecin peut vous aider à décider de ce qui convient à votre situation.
Si vous êtes en crise ou si vous pensez au suicide : Si vous êtes en danger immédiat, appelez votre numéro d’urgence local (15 ou 112 en France, 112 en Belgique, 144 ou 112 en Suisse, 911 au Canada). Pour parler à quelqu’un maintenant, vous pouvez appeler le 3114 en France (24 h/24, gratuit), le 988 au Canada (appel ou texto, 24 h/24, en français ou en anglais) ou, au Québec, le 1 866 APPELLE (1 866 277-3553) ou envoyer un texto au 535353. En Belgique, le Centre de prévention du suicide répond au 0800 32 123. En Suisse, La Main Tendue répond au 143, de jour comme de nuit. Dans un autre pays, consultez findahelpline.com. Les numéros et les horaires peuvent changer : vérifiez sur le site officiel du service.
Sources et lectures complémentaires
- Britton, W. B., Lindahl, J. R., Cooper, D. J., Canby, N. K., & Palitsky, R. (2021). Defining and measuring meditation-related adverse effects in mindfulness-based programs. Clinical Psychological Science, 9(6), 1185-1204. Lien
- Czekierda, K., Banik, A., Park, C. L., & Luszczynska, A. (2017). Meaning in life and physical health: Systematic review and meta-analysis. Health Psychology Review, 11(4), 387-418. Lien
- Farias, M., Maraldi, E., Wallenkampf, K. C., & Lucchetti, G. (2020). Adverse events in meditation practices and meditation-based therapies: A systematic review. Acta Psychiatrica Scandinavica, 142(5), 374-393. Lien
- Goldberg, S. B., Lam, S. U., Britton, W. B., & Davidson, R. J. (2022). Prevalence of meditation-related adverse effects in a population-based sample in the United States. Psychotherapy Research, 32(3), 291-305. Lien
- Goodman, C., & Schultz, A. (2024). Ethics in Indian Buddhism. In E. N. Zalta & U. Nodelman (Eds.), The Stanford encyclopedia of philosophy. Lien
- Goyal, M., Singh, S., Sibinga, E. M. S., Gould, N. F., Rowland-Seymour, A., Sharma, R., Berger, Z., Sleicher, D., Maron, D. D., Shihab, H. M., Ranasinghe, P. D., Linn, S., Saha, S., Bass, E. B., & Haythornthwaite, J. A. (2014). Meditation programs for psychological stress and well-being: A systematic review and meta-analysis. JAMA Internal Medicine, 174(3), 357-368. Lien
- Hanner, O. (2024). Mindfulness meditation and the meaning of life. Mindfulness, 15(9), 2372-2385. Lien
- Keown, D. (2020). Buddhist ethics: A very short introduction (2nd ed.). Oxford University Press. Lien
- Kuyken, W., Warren, F. C., Taylor, R. S., Whalley, B., Crane, C., Bondolfi, G., Hayes, R., Huijbers, M., Ma, H., Schweizer, S., Segal, Z., Speckens, A., Teasdale, J. D., Van Heeringen, K., Williams, M., Byford, S., Byng, R., & Dalgleish, T. (2016). Efficacy of mindfulness-based cognitive therapy in prevention of depressive relapse: An individual patient data meta-analysis from randomized trials. JAMA Psychiatry, 73(6), 565-574. Lien
- Lindahl, J. R., Fisher, N. E., Cooper, D. J., Rosen, R. K., & Britton, W. B. (2017). The varieties of contemplative experience: A mixed-methods study of meditation-related challenges in Western Buddhists. PLOS ONE, 12(5), e0176239. Lien
- Martela, F., & Steger, M. F. (2016). The three meanings of meaning in life: Distinguishing coherence, purpose, and significance. The Journal of Positive Psychology, 11(5), 531-545. Lien
- Pew Research Center. (2025, June 9). Buddhist population change. Lien
- Picciotto, G., Fox, J., & Neto, F. (2018). A phenomenology of spiritual bypass: Causes, consequences, and implications. Journal of Spirituality in Mental Health, 20(4), 333-354. Lien
- Rusch, H. L., Rosario, M., Levison, L. M., Olivera, A., Livingston, W. S., Wu, T., & Gill, J. M. (2019). The effect of mindfulness meditation on sleep quality: A systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials. Annals of the New York Academy of Sciences, 1445(1), 5-16. Lien
- Sharf, R. H. (2015). Is mindfulness Buddhist? (and why it matters). Transcultural Psychiatry, 52(4), 470-484. Lien
- Siderits, M. (2023). Buddha. In E. N. Zalta & U. Nodelman (Eds.), The Stanford encyclopedia of philosophy. Lien
- Van Dam, N. T., van Vugt, M. K., Vago, D. R., Schmalzl, L., Saron, C. D., Olendzki, A., Meissner, T., Lazar, S. W., Kerr, C. E., Gorchov, J., Fox, K. C. R., Field, B. A., Britton, W. B., Brefczynski-Lewis, J. A., & Meyer, D. E. (2018). Mind the hype: A critical evaluation and prescriptive agenda for research on mindfulness and meditation. Perspectives on Psychological Science, 13(1), 36-61. Lien
- VanderWeele, T. J. (2017). Religious communities and human flourishing. Current Directions in Psychological Science, 26(5), 476-481. Lien
- Velez, A. (n.d.). Buddha. In Internet Encyclopedia of Philosophy. Retrieved October 16, 2026, from Lien
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